c) Évolution des mentalités

Il y a près de 40 ans, la France adoptait, après un long débat de société, la loi Veil autorisant l'IVG.

L’évolution de l'opinion publique sur la question de l'IVG entre 1974 et 2014 (sondage ifop Sud-Ouest, dimanche 10 février 2014)

L'opinion des Français sur les conditions de l'avortement a changé de manière très significative.
Alors qu'en septembre 1974, à quelques mois du vote de la loi, un peu moins de la moitié des Français soit 48 % étaient favorable à ce que l'on autorise l'IVG sur demande de la femme quand celle-ci estimait ne pas être en mesure d'élever un enfant (conditions matérielles ou morales d'existence), cette position est actuellement partagée par trois quarts des Français soit 75 %.


Évolution depuis 1974



Si l'attitude de la société française s'est donc fortement libéralisée concernant l'IVG, il n'en demeure pas moins qu'un quart des personnes interrogées en 2014 considèrent qu'il faut poser des limites au droit à l'avortement. Pour 19 % des français il est important que l'avortement soit autorisé que dans certains cas limités et précis (contre 25 % en 1974), alors que 6% déclarent que l'IVG ne doit être autorisée que lorsque la vie de la femme est en danger.
Autre fait marquant de certaines idées reçues, on observe qu'en France aujourd'hui, il n'existe pas de réel division de sexe ou d'âge sur les conditions d'interruption volontaire de grossesse. En effet, hommes et femmes se prononcent tout autant pour une autorisation de l'IVG à respectivement 74 et 77%. L'enquête réalisée par l'Ifop en 1974 avait d'ailleurs elle aussi montré que les hommes et les femmes portaient le même jugement sur la question. En revanche, à l'époque, les positions divergeaient très sensiblement selon l'âge. Ce n'est plus le cas aujourd'hui grâce au renouvellement des générations et les mutations de la société.

On sait aussi que l'opinion concernant l'avortement en arriva vers les années 1966-1968 à un partage des voix, pour ou contre une libéralisation de la loi de 1920 qui le réprime sévèrement. En décembre 1969, d'après une question posée par l’I.F.O.P., 18% et 25% se déclaraient favorables et plutôt favorables à ce que la loi autorise une femme enceinte de moins de trois mois à mettre fin à sa grossesse par un médecin, contre 22% et 25% très opposés (Revue Sondages, 1970). Quoi qu'il en soit, la pratique judiciaire des dernières années fait éclater une opposition, entre le texte de la loi et l'évolution des mœurs.